Témoignage

Monseigneur Paul Ouédraogo, Archevêque du diocèse de Bobo Dioulasso

Oui, Claire Amitié, je l’ai connue aux premières heures de son arrivée à Bobo, un peu avant ma nomination comme évêque de Fada N’Gourma en 1997.

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Naira,
Foyer de Salvador de Bahia

Naira, de Salvador de Bahia

Entretien avec Mgr Ouédraogo

Mgr Paul Ouédraogo, vous êtes archevêque du diocèse de Bobo Dioulasso depuis 2010. Quelles sont vos préoccupations majeures pour votre diocèse et pour le pays ?

Je remercie Claire Amitié qui me donne l’occasion de m’adresser à ses amis, à ses lecteurs. Je suis Monseigneur Paul, archevêque de Bobo-Dioulasso depuis décembre 2010. Les préoccupations majeures de mon diocèse s’expriment en termes de défis à relever. Je pars du travail de mon prédécesseur pour essayer de bâtir avec tous les fidèles une Église qui donne à voir l’image de communautés fraternelles et ouvertes aux autres, promotrices de paix et d’auto-prise en charge.

Ces préoccupations sont portées par un plan pastoral stratégique dont nous voudrions voir l’atteinte de la vision à l’horizon 2020. Il s’agit du troisième plan pastoral triennal. J’ai hérité de cette organisation de mon prédécesseur, Monseigneur Anselme T. SANON.

Au plan national, les préoccupations ne sont pas des moindres. Par concours de circonstances, j’ai pu observer de très près certaines préoccupations des Burkinabé, alors que je présidais, sous la transition, la Commission Nationale de Réconciliation et des Réformes. Dans plus de cinq mille dossiers que nous avons pu enregistrer, on perçoit nombres de crimes de sang, de crimes économiques, politiques et des exactions. En somme, il s’agit de problèmes de justice qui ont besoin d’être résolus.

Et cela donne à la réconciliation toute sa place dans la quête du nouveau Burkina que nous avons à construire en vue d’une paix véritable et durable.

Vous connaissez depuis longtemps le foyer Claire Amitié Bobo qui fête cette année ses 25 ans d’existence. Quelle est sa note unique au sein des institutions diocésaines au service de la population bobolaise ?

Oui, Claire Amitié, je l’ai connue aux premières heures de son arrivée à Bobo, un peu avant ma nomination comme évêque de Fada N’Gourma en 1997. Revenu comme archevêque de Bobo-Dioulasso, je continue d’être témoin de l’œuvre de Claire Amitié dans le diocèse. Sa note spécifique me semble son public cible : les filles et les femmes défavorisées de la ville de Bobo à qui elles essaient de donner des raisons de vivre.

Les Institutions diocésaines ou interdiocésaines sont nombreuses à Bobo. On peut citer le petit séminaire de Nasso, l’Unité Universitaire à Bobo-Dioulasso de l’Université de l’Afrique de l’Ouest, etc. Ces institutions ont leurs objectifs mais aussi leur public cible. À côté d’elles, on est heureux de constater que Claire Amitié contribue à sa manière à l’avancée du Royaume à travers la formation féminine pour une frange fragile de la population.

Le foyer a évolué depuis 25 ans. Quel est le message fort que vous donnerez à l’équipe éducative et aux Amis de Claire Amitié Bobo qui la soutiennent ?

Claire Amitié a vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans, ce n’est ni vingt-cinq jours, ni vingt-cinq mois. Durant ces vingt-cinq ans, beaucoup de choses ont été réalisées. Le nombre de filières proposées aux jeunes a augmenté et c’est un signe que Claire Amitié a adapté son charisme aux nouveaux besoins de notre société. Mais en même temps, vingt-cinq ans, ce n’est pas beaucoup pour une Institution. Le jubilé d’argent devient pour Claire Amitié comme l’âge de la maturité. Et cette maturité doit lui donner plus de sérénité pour regarder l’avenir et entreprendre dans l’amitié et la confiance en Jésus-Christ.

Alors à l’équipe éducative de Claire Amitié Bobo, je souhaite qu’au moment où ce jubilé est célébré, elle saisisse l’occasion d’un nouveau départ avec toujours plus d’assurance, à partir des acquis de l’expérience passée.  C’est ce courage et cette abnégation renouvelés qui pourront stimuler tous les amis et permettre également que de plus en plus de jeunes filles et de jeunes femmes aient le sourire grâce à l’œuvre de Claire Amitié. Main dans la main, la Famille Claire Amitié pourra continuer d’offrir au monde et à la famille diocésaine de Bobo, sa part à la construction d’une Famille chrétienne qui, dans une dynamique d’inculturation et de formation, vit la communion, la paix et l’auto-prise en charge.

Heureux jubilé et bon vent à Claire Amitié.

 

Monseigneur Paul Y. OUEDRAOGO,
Archevêque de Bobo-Dioulasso

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