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P. est une jeune femme, d’origine ivoirienne, âgée de 23 ans.
Son père, ayant eu 3 enfants avec une autre femme que la mère de P, l’a
fait entrer en France clandestinement à l’âge de 9 ans pour s’occuper de
sa famille.
Du fait de relations très conflictuelles, P. quittait
régulièrement le domicile de son père et de sa belle mère et n’a
pratiquement pas été scolarisée. Elle dormait chez des copines. Durant
plusieurs années, elle a été en situation d’errance.
Un jour, elle décide de s’en sortir seule. Avec l’aide de son
ami, elle se rend à la préfecture pour demander une carte de séjour. Le
chef de service du bureau des étrangers contacte alors le centre Clair
Logis de "Coeuilly" et dit : "Si vous accueillez dans votre établissement
cette jeune femme, je lui donne un récépissé de carte de séjour pour
qu’elle puisse faire une formation."
En octobre 2004, P est donc admise dans l’établissement avec
une autorisation provisoire de séjour de 6 mois, renouvelable,
l’autorisant à travailler.
P. a un niveau scolaire très faible. Elle parvient à lire
mais a d’énormes difficultés pour écrire.
Elle s’inscrit à la Mission Locale et intègre une formation
(remise à niveau) mais non rémunérée. Très vite, elle interrompt son
stage pour chercher un emploi.
En raison de son passé d'errance et de fugues, P. a des
difficultés pour respecter le règlement de fonctionnement de
l’établissement.
Elle est également très impulsive, voire agressive à certains
moments.
Au moment du bilan des 6 mois de prise en charge dans
l’établissement, P écrit :
« Le centre m’a aidée à m’inscrire à la Mission Locale, à
obtenir la CMU et un récépissé de carte de séjour. L’équipe m’aide à
avoir une règle de vie. Je ne fais plus n’importe quoi. J’ai appris à
communiquer, à me maîtriser, à accepter les autres comme elles sont. Je
sais qu’il faut se battre pour s’en sortir, j’ai maintenant des
objectifs pour ma vie. »
P. intègre un pôle de mobilisation professionnelle durant 4
mois, puis elle trouve un emploi de garde d’enfants.
Avec l’aide de l’animatrice chargée du suivi de l’emploi elle
parvient à faire rectifier son contrat de travail erroné (il stipulait 2
heures de travail par jour alors qu’elle travaillait 8 heures
quotidiennement).
Inscrite au fichier des mal logés, elle obtient une place en
Foyer de Jeunes Travailleurs et quitte l’établissement en octobre 2005
après 12 mois de prise en charge. |